A quand le retour des maisons closes ?

Agnès Giard consacre son dernier article à ce sujet et j’en profite pour apporter mon avis sur ce débat passionnant et passionnel. Le Japon comme la France n’ont plus de maisons closes officielles et à mon humble avis, cela est bien dommage. Si au japon les love sex sont très fréquentés et populaires, notamment dans la capitale, il ne s’agit en rien de maisons closes mais plutôt de paradis de l’extra-conjugalité. Les maisons de thé qui étaient animées jusqu’à la seconde guerre mondiale par nos célèbres Geishas n’étaient en rien des maisons closes mais des lieux où les hommes de bonne éducation se rendaient pour faire la cour à ces sublimes femmes en tout bien tout honneur.

Revenons au sujet. Après avoir affirmé être en faveur des maisons closes, je dois maintenant expliquer cette position. La prostitution est un mal nécessaire de notre société, dans certains pays plus que d’autres d’ailleurs. En Chine, par exemple et plus précisément certaines provinces rurales, on trouve un tel déséquilibre homme/femme que statistiquement un nombre important de femmes doivent se « partager » entre une multitude d’hommes dans l’impossibilité de se marier. C’est pourquoi les lanternes rouges sont profusion en l’empire du milieu. Il est d’ailleurs amusant de voir que dans certains villages, les salons de coiffure et de massage très sages en journée changent radicalement d’activité le soir revenu. Les jupes se raccourcissent, le maquillage se fait plus présent et les arrières salles se remplissent. S’agit il de maisons clauses ?…En fait oui mais il ne s’agit en rien des maisons clauses que j’imagine en Eden de l’amour…La vulgarité y est trop présente, les clients y sont sales et sans aucune bonne manière. Ils déshabillent la fille « disponible » et non pas vraiment choisie, ils la sautent rapidement sans extras, enlèvent leurs préservatifs (quant ils acceptent d’en mettre un..), donnent quelques yuans (des sommes inférieures à 5 euros parfois..) et quittent le salon de coiffure les couilles vides. Voilà en substance l’ignominie de la prostitution, celle qui se pratique aussi en France sur les terrains vagues, dans les wc publics de boulevards parisiens, au sous sol de certains café sordides où certaines femmes font des extras pour nourrir leur famille.

Non, moi je parle de LA maison close, celle où l’on y boit un bon verre de vin ou une coupe de champagne avant de déambuler dans un salon feutré à la recherche de la perle rare du jour. Celle où la femme séduit, voire choisit l’homme qui la conduira dans une chambre richement décorée. Celle où le temps ne compte pas et où l’homme et la femme font l’amour comme si il s’agissait d’amants vivant le tout début de leur idylle. Ce que je décris est il réalisable ou est-ce pur fantasme de ma part ?…J’imagine assez bien ma colocataire Arika dans un tel décors. Elle serait entourée de femmes slaves, d’hispaniques, de maghrébines, d’africaines, de chinoises….Ces femmes seraient gracieuses, distinguées, auraient de la conversation, du verbe et de l’humour. Elles auraient un bac + 4 option prostituée et elles seraient reconnues comme des femmes indispensables et valeureuses. Elles seraient émancipées et ne cacheraient pas leur métier à leurs amis, tout au contraire, elles en seraient fières.

Je dois en choquer certains et certaines en écrivant cela mais voilà bien mon désir le plus profond. Il ne s’agit pour l’heure que d’un fantasme mais ma naïveté m’amène à penser que ces maisons clauses existeront un jour dans une société libérée de ses tabous, de sa vision à courte vue, de la morale judéo-chrétienne aussi présente que pesante.

Un jour peut être…

18 Réponses to “A quand le retour des maisons closes ?”

  1. Ryukichi Says:

    Tu tourne en rond …

    • Ryukichi Says:

      Si en France il on fermé les maisons clause, c’est parce qu’il n’avait plus aucun contrôle et qu’il y avais beaucoup d’affaire sordide.

      Vu que c’était sous le contrôle de l’état, l’état ne pouvait plus ce permettre de ce genre de scandale.

      Le jour ou tu trouvera des prostitué en France aussi cultivé que celle au Japon, tu m’appelle ^^

  2. Michael Says:

    La reconnaissance de la prostitution peut-être vue comme la reconnaissance d’une certaine forme d’humilité. Elle convient que la corruption de certains idéaux soit quelque part nécessaire: nul n’est parfait et l’acceptation d’une forme plus humble (et finalement plus objective) de nos limites,de ce que nous recherchons peut s’avérer raisonnable. Il s’agit d’une question d’équilibre entre idéaux et pragmatisme.

    D’un certain point de vue, la prostitution est partout autour de nous: elle est présente à chaque fois que nous acceptons de vivre une expérience morale qui pervertit nos idéaux, ce que nous voudrions être, représenter et réaliser.

    Je constate que notre société actuelle est un monstre régit par l’argent, le pouvoir et les croyances fanatiques: peut-on imaginer y travailler en tant qu’être pur et libre ?
    Cette société fondée sur l’idée que le gagner toujours plus est un objectif louable, et que l’asservissement de la masse par un nombre de plus en plus réduit de personnes soit finalement acceptable, ne s’agit pas là, au sens figuré, le vrai visage de la prostitution la plus abjecte ??
    En fait, la prostitution est partout, et même l’écriture ressemble à la prostitution lorsque d’abord on écrit pour l’amour de la chose, puis pour quelques amis, et à la fin, pour de l’argent.
    Ainsi, en tout cela, il ne s’agit donc pas tant de ce que nous réalisons, il s’agit bien plutôt de *comment* nous le réalisons et comment nous nous lions aux autres.

    @

    ps: Ryukichi, la culture c’est aussi écrire sans faire une faute toutes les lignes🙂

  3. Bruno Says:

    On dit « maisons closes » et non « maisons clauses ».
    Ce faisant, le jour où tu en ouvres une, préviens-moi🙂

  4. Serge Says:

    Je suis POUR ! en tant que maqueraux (on dit souteneur pour faire élégant) appartenant à la Mafia Marseillaise, je préfère de loin tabasser mes filles qui ne se tiennent pas à carreaux dans un établissement organisé que sur le trottoir vers leurs camionnettes.
    En plus je pourrais planquer une caméra pour les filmer et revendre tout ça sur internet, ça sera bien plus lucratif.

    • mouailh….je suis contre toute forme de censure, je conserve donc votre contribution particulièrement cynique. Je considère qu’elle apporte quand même au débat….Et vous êtes mac comme moi je suis nonne…Je me trompe ?..

      • Serge Says:

        Disons que je suis autant un mac que vous, une authentique japonaise…(incroyable dailleurs l’emploi du mot « mac » de la part d’une étrangère – vous maîtisez parfaitement l’argo en +…chapeau bas :)).

  5. Lastel Says:

    je suis d’accord, mais le bac option prostituée, heu…

  6. Theo Says:

    200% pour !
    Les hommes n’ont pas tous l’assurance et la beauté nécessaires pour attirer les femmes. Avoir un lieu sûr, une bonne ambiance pour aller goûter aux plaisirs charnels, est une bonne chose.
    Faut pas que ce soit trop cher non plus… faut penser aux jeunes hommes🙂

  7. Michael Says:

    Un mot aussi pour signaler le passage en ce moment d’un film-documentaire de Jean Michel Carré, très précisément sur le sujet évoqué par Yoko.

    « les travailleu(r)ses du sexe ».
    http://www.commeaucinema.com/bande-annonce/166619

    « Je préfère vendre mes charmes pour du pognon que vendre mon âme à un patron ! ». Ou encore : « Plus de caresses, moins de CRS ! »… Voilà quelques uns des slogans que scandaient dans la joie les travailleurs et travailleuses du sexe au cours de leur manif de Mars 2006 sous les fenêtres du premier ministre de l’époque.

    En France, depuis la loi Sarkozy de 2003, qui réprime de plus en plus sévèrement la prostitution « visible », des femmes et des hommes revendiquent le droit de pouvoir louer librement leur corps, expliquent sereinement et en toute lucidité que la prostitution doit être considérée comme un métier, avec ses droits et ses devoirs.

    Il existe évidemment une prostitution forcée qui s’exerce dans la contrainte et qui doit être combattue car elle est dominée par le « phénomène mafieux ». Mais il existe aussi une prostitution choisie, une « activité humaine » qu’on doit libérer de ses asservissements sacrés, culpabilisateurs et répressifs. C’est à ces femmes et ces hommes qui se prostituent par choix que Jean-Michel Carré donne la parole dans ce documentaire passionnant et formidablement chaleureux. Des femmes (majoritaires) et des hommes qui expliquent clairement, calmement, avec une intelligence, une lucidité, un recul impressionnants (et souvent de l’humour en plus !) pourquoi, comment, quand elles et ils ont choisi cette activité. Qui disent leur conception de leur métier, leurs rapports avec leurs clients. Qui osent tranquillement tirer une fierté de ce qu’elles et ils font.
    Il faut les voir et les écouter, c’est la moindre des choses. Ce ne sont pas des victimes, ce ne sont pas des monstres bizarres, elles et ils ne rentrent dans aucune case bien pratique et bien pensante. Elles et ils interrogent frontalement la manière dont la société considère, encadre, contrôle la sexualité. Et à côté de cette interrogation collective, elles et ils nous posent aussi à chacune, à chacun, quelques questions dangereusement personnelles, elles et ils flanquent un bon de coup de pied dans nos conformismes intimes… Salutaire !
    (magazine de l’utopia)

  8. rebsack Says:

    Je suis entièrement d’accord avec Yuko, en tout cas j’ai cette même vision de ce que pourrait être une maison close, mais si cette une vision est naïve (car forcément l’industrie du sexe peut vite tourner au glauque) et peut-être même assez féminine, dans le sens ou j’y vois davantage un lieu d’érotisme sophistiqué avec de jeunes femmes éduquées et des clients triés sur le volet, qu’un simple salon de coiffure à la chinoise..
    Il existe certainement des lieux du genre à Paris, ultra secret pour les personnalités de pouvoir (peut-être même ceux qui écrivent les lois) ou riches hommes d’affaires.. ce qui somme toute est assez hypocrite, mais cela ne risque pas de changer à mon avis..

  9. abrivent Says:

    les maisons closes sont-elles ouvertes au plus grand monde ?

  10. l'Amer Says:

    vivement la réouverture et une journée porte ouverte .

  11. Abricot Says:

    je suis d’accord. pas parce que sa me tente d’en frequenter une ou d’y travailler, mais cela evitera les « bordels » illégaux et donnera des droits et une protection a celles qui y travaillent. par contre, qu’est ce qu’on apprendrait en option prostituée et comment passé le bac?

  12. Je soutiens le STRASS qui milite pour des maisons ouvertes où les prostituées pourraient travailler convenablement sans patron ni responsable.

  13. Aristide Says:

    Euh sorry ce petit blog m’intrigue bien je prevois d’aller au japon avec des amis , j’y etais deja allé mais la c’est pour decouvrir certaine chose comme les maisons closes ou les massages erotic et je me demandais si tu pouvais donner quelques endroit qui sont suceptibles ( peut etre shibuya , shinjuku ) bien que les fée n’existent que dans nos têtes si quel qu’un a une recommmandation je reste a l’ecoute ciao !!!!!

  14. La maison de tolérance avait un côté plus raffiné et des airs d’une convivialité bon enfant. Les femmes y faisaient œuvre de bienfaisance en rendant de bons et loyaux services à l’humanité. Un suivi médico-gynécologique régulier s’avèrera cependant indispensable si ces belles maisons refleurissent dans nos villes et nos campagnes.

    Il faut que les filles de joie puissent avoir pignon sur rue. Il existe bien des maisons pour boire appelées bistrots, des maisons pour manger nommées restaurants, des maisons pour dormir appelées hôtels, alors pourquoi ne pas remettre en place des maisons pour jouir à l’abri des regards et des malfaisants, de belles maisons faites pour aller assouvir nos fantasmes les plus inavouables, car il y en a marre de donner notre pognon à des psychologues qui tentent de nous expliquer l’inexplicable en nous faisant croire qu’il n’y a pas que le sexe dans la vie.

    Nos voisins Belges peuvent aller faire du lèche-vitrines à Anvers, Bruxelles, Charleroi, Liège ou Saint-Trond, là où les filles sont assises derrière des glaces éclairées par des néons de toutes les couleurs. C’est quand même un peu mieux que tous ces bars crapuleux de Pigalle où le client se fait dévaliser par une bande de brigands, après avoir été escorté par un porte-flingue jusqu’au bureau de change du coin pour aller retirer jusqu’à 800 euros en paiement de deux coupes de mauvais champagne et d’une fille qui se trémousse en posant son postérieur sur vos genoux.

    Et pourquoi ne pas réunir, en un même endroit, tous les plaisirs des sens en construisant des Eros Center comme en Allemagne, avec bar, restaurant et chambres à thèmes à la française. Nous deviendrons ainsi les adeptes d’une nouvelle secte qui aurait pu passer dans le Collaro-Show de l’époque sous le nom de la secte des 3B : Bouffer, Boire et Baiser.

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